Le service public, c'est à dire le service du public comme fil rouge
Je suis né le 16 août 1940, à Paris (XXème) et j'ai fait toutes mes études dans cette ville qui reste pour moi incomparable.
Les affectations diplomatiques de mon père, ont été l'occasion de nombreux voyages, d'une ouverture vers des pays et des hommes très différents et aussi d'une bonne pratique de la langue anglaise qui m'a été fort utile.
Après mes études à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole des Ponts et Chaussées, j'ai commencé ma carrière comme adjoint au Directeur des études de l'Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de la Région Parisienne. Puis j'ai pris en charge l'arrondissement « études et travaux neufs » à la Direction Départementale de l'Equipement du Val de Marne. J'ai ensuite exercé différentes fonctions dans les cabinets ministériels de trois ministres Albin Chalandon, Olivier Guichard et Robert Galley. Il est arrivé que ce dernier, féru d'entomologie, m'emmène à la chasse aux papillons quand nous nous rendions dans quelques destinations lointaines. J'ai toujours apprécié le mélange entre des dossiers lourds à traiter avec des négociations difficiles et, de temps à autres, le burlesque de certaines situations.
En 1976, j'ai quitté les cabinets ministériels pour devenir Directeur Départemental de l'Equipement du Loiret, puis Directeur de la qualité et de la sécurité industrielles au ministère de l'Industrie, et Commissaire à la normalisation, puis Adjoint au Directeur Général de l'Industrie. J'étais là au centre de mes compétences professionnelles. Après le tourbillon des cabinets ministériels, il s'agissait pour moi de reprendre pied dans mon cœur de métier.
Après tout ce temps passé dans les administrations publiques j'ai voulu découvrir le secteur privé. J'ai ainsi été Directeur à la société Framatome, Directeur général de Technip, Directeur du développement du groupe Setec, Directeur général de la Foncière Champs Elysées Promotion (groupe Indosuez). C'est durant cette période marquée par des grands chantiers d'ingénierie, que j'ai eu l'occasion de me frotter aux négociations commerciales internationales, et notamment en Chine. A l'époque, la Chine était un géant économique en devenir et la compétition internationale pour vendre une centrale nucléaire ou des usines était déjà féroce.
Mais c'est finalement le service public, c'est à dire le service du public, qui constitue ma principale motivation professionnelle. En 1993, j'ai été nommé Délégué interministériel à la Coupe du Monde de football de 1998. Je le resterai jusqu'à fin 1995. A ce titre, j'ai supervisé l'organisation du rendez-vous mondial du football et la construction du Stade de France. Je suis très fier de cette réussite. D'une part, parce que le Stade de France est beau et fonctionnel, et d'autre part, parce qu'il a été réalisé en un temps record. Il a fallu l'imposer contre tous les grincheux qui prédisaient un fiasco financier, mais Edouard Balladur m'a fait confiance. Aujourd'hui, c'est un équipement de référence dans le monde et il équilibre ses comptes grâce aux nombreux spectacles musicaux et théâtraux qui s'y déroulent en plus des épreuves sportives.
1995, c'est aussi l'année où les Sévriens m'ont confié les destinées de la ville. Une nouvelle époque s'ouvrait, presque un aboutissement en terme de service du public. C'était aussi un clin d'œil à mon père qui fut maire de Saint-Nom-la-Bretèche et à mon grand-père, André Morizet, sénateur-maire de Boulogne-Billancourt.
En 1997, j'ai été nommé Commissaire du gouvernement pour les ports autonomes de la Seine, Paris, Rouen et Le Havre. Depuis 2003, je préside la Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques auprès du Ministre de la Culture et de la Communication. C'est la seule fonction administrative que j'ai conservée en prenant ma retraite en août 2006.
En tant qu'Ingénieur général des Ponts et Chaussées, j'ai animé en 2005 une mission visant à relancer le projet de maintien du caractère maritime du Mont Saint-Michel. Mission accomplie : les travaux sont lancés. Dans quelques années, le Mont Saint-Michel aura retrouvé le cadre et l'accès qu'il mérite.
Cette dernière mission m'a passionné car il s'agit d'un des symboles de la France et parce que la Normandie est un peu ma terre d'adoption, celle où je me retrouve en famille. Mais cela est une autre histoire.